(Ce billet prend la suite d'un précédent billet, consacré au mystérieux "érudit d'Ondres")

Cliquez ici pour télécharger la biographie de Léon Richard, rédigée par Paul Giraud, en fichier word.

Si vous le préférez, la biographie est restranscrite ci dessous :

(Précision : la montagne du Mont est la partie située entre le Riou d'Ondres et le ravin de Serpégier, qui est indiquée comme telle sur les cartes IGN.)


Informations sur Léon Richard extraites du livre :

Diverses pièces fugitives, Richard, instituteur primaire, de Thorame, Repos éditeur, imprimeur, libraire ; Digne, 1854

Biographie

Né à Aix en 1791, d’un père maître d’hôtel, sa famille était initialement originaire de Champarail à Beauvezer, c’est son arrière grand père, neveu du curé du Serret (chapelle de Thorame-Haute), qui s’installa le premier à Thorame. Il a un frère de huit ans son cadet dont il deviendra en quelques sortes le précepteur. Royaliste comme son père, il dénonce les crimes de la Révolution. C’est suite aux troubles de cette période que son père revint avec lui s’installer à Thorame où il fit l’acquisition de la montagne du Mont. Très tôt il obtient de bon résultats scolaires, son père souhaite qu’il poursuive ses études, à 14 ans seulement il commence l’apprentissage du latin. A 13 ans il écrit ses premiers poèmes qu’il appelle « amusements ».

En 1815 et 1816, il est fermier du four communal avec son père. A l’âge de 19 ans il commence à enseigner. En 1813, il épouse une femme du village. Pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, il travaille au champ et en forêt au côté de son père. En 1853, il évoque des évènements passés en 1819 qui l’ont laissé amer et qui concernaient semble-t-il les rapports qu’il pouvait avoir avec quelques personnes de la population thoramienne, il affirme aussi qu’il n’a pas l’intention d’apprendre au « bon peuple aveuglé» « les abus dont il est accablé », mais refuse de revenir plus en détail sur l’évènement. Les mots « villages » et « supplanter » laisse à penser qu’il est question de la municipalité de l’époque.

En 1820, il est à Marseille où il écrit un poème se souvenant de la peste de 1721, ainsi que quelques lignes à la gloire de la ville et des Bourbon. En 1829, il s’attaque à ses premières traductions latines : Maron, Tibulle, Horace, mais pendant près de 24 ans il les conservera secrètes craignant qu’elles soient de mauvaises qualité. C’est la mort de son frère et la volonté de transposer en français les textes qu’il a laissé qu’il poussé a perfectionner sa maîtrise du latin.

A 63 ans, au moment où il publie son livre, il dit avoir traversé de longues maladies. Un quatrain qu’il rapporte avoir laissé dans la chambre d’un établissement thermal, laisse à penser qu’il a fréquenté Digne pour sa santé vacillante.

Durant 35ans, il fut l’instituteur communal avant d’être évincé. Il continue toutefois d’exercer à Ondres où il réunit parfois jusqu’à 50 élèves et ce pendant au moins neufs années. Son métier d’instituteur ne lui permet pas de vivre convenablement, il cumule donc plusieurs activités, outre le travail au champ, il exerça le métier de muletier et effectuait des allez-retours sur Digne via l’ancienne route toute les semaines.

Ses idées :

Un passage de son auto-biographie en vers, sur la mort du Christ qu’il impute à une « cohorte immonde » de Juifs, feraient de nos jours l’objet d’accusation d’antisémitisme. Il critique aussi de manière virulente les mœurs de quelques prêtres, notamment sur la manière dont ils traitent riches et pauvres de façon différenciée.

Ouvertement royaliste, il dénonce le socialisme naissant et plus encore, le communisme qu’il considère comme contraire aux lois de la nature et à celle de Dieu. Le véritable socialisme est selon lui celui de la « fraternité » et de « la charité chrétienne » (II. Mon opinion sur le communisme, lettre à M. le Ministre de l’Instruction publique, 1850). Il rejette le bien commun au profit de « l’égoïsme » conforme selon lui à la volonté de Dieu, s’il est sans excès. Leurs partisans sont des « fous », il ne croit pas en leurs réussites, et résume ces idéologies par ces mots : « ombre de fantasmagorie ». Se réjouissant de la chute de la Commune en 1848, il écrit une chanson qui rend hommage notamment à la nomination de Lamartine comme ministre.

En 1851, il souhaite le maintient de Louis-Napoléon Bonaparte au pouvoir dans une lettre adressée au président de l’Assemblée nationale, Lamartine a pesé dans sa conviction de même que sa volonté permanente de maintenir la « paix et l’ordre » qui pourrait être sa devise. Cette lettre est publiée retouchée dans le journal l’Evènement, ce qui n’est pas pour lui plaire. Il considère en outre, à regret, qu’une nouvelle restauration du pouvoir royal ne serait qu’une source de crimes supplémentaires et d’une grande précarité.

Il manie l’ironie et la satire dont il menace ses opposants ; dès l’âge de huit ans, il écrit sur les manières de « la messe Trompette » de Thorame.

En septembre 1851 (??), il soutient la candidature d’Hippolyte Fortoul à l’assemblée départementale sur la place du village.


Il a rédigé son épitaphe ainsi :


« Ci gît Léon Richard, mort sans jamais rien être,

Sur le bas échelon où le sort me fit naître.

Ses yeux, aux temps de joies, aux heures de revers,

Sur la vérité sont toujours restés ouverts. »

Quelques ouvrages :


- Parution en 1851 de traduction de Virgiles, Bucoliques, dans le Glaneur (n° 37). Participation a un concours de poésie à Paris ; le poème présenté est daté de 1828, il est très favorable au roi.

-1828 : traduction des Eglogues de Virgile. Odes d’Horace en 1829 (publié chez Repos, editeur de Digne).

Notes diverses extraites de son livre :


- M. Vignon receveur du canton de Thorame, décrit comme un savant par Richard, Richard est l'ami de Gravier (de Thorame probablement), et cousin de Boyer de Barrème

En 1846, Ventre maire de Villars et Roux maire de Beauvezer (fabricant d’étoffes) se rendaient à Thorame pour acheter du blé (pour faire face à la situation critique)

En 1830, Giraud, commis en écriture et neveu du maire Pascal veut prendre la place de Richard avec l’appui du curé qui le pousse à la démission.

Un manuscrit...

Il a adressé un manuscrit à une personne inconnu qu’il qualifie simplement de méritante.

Sa famille :


Son fils est receveur des Douanes à Saint-Paul en 1850. (ou celui de son frère qu’il considère comme le sien ?), il est né en ?

Son frère François est décédé en 1824 à l’âge de 25 ans, 6 six mois après la mort de sa femme (celle de Richard), et huit ans après la naissance de son fils. Il est également l’auteur de quelques textes et pièces en latin dont une pièce Idylle, traduite par Richard.

Un autre Richard instituteur...

1775 Jean André Richard est instituteur. Quel lien de parenté ?